dimanche 19 février 2017

Bayonne Pampelune Bayonne : 2e et dernière étape

2e étape : Pampelune - Bayonne


Dimanche 19 février. La veille, l'étape fut harassante et plus difficile que prévue, et au matin, les jambes sont encore lourdes.


Le trajet aller (la veille) en rose. Et en violet le trajet retour, de Pampelune à Bayonne. 

Le profil de l'étape du jour : un gros et long faux plat montant de 40km, puis essentiellement un parcours descendant


Nous avions prévu de partir vers 9h, assez tôt donc, afin de faire un rapide tour de la ville de Pampelune en vélo, que nous n'avions vu que tard la veille, lessivés.

Une fois visité le centre-ville en quelques dizaines de minutes, nous prenons assez rapidement la route du nord, parce que François et Fx ont un train à 19h30 à Bayonne. Et parce qu'il y a 125km à faire. Sur ce genre d'étapes, le risque de retard, notamment pour cause de crevaison, n'est pas à négliger... car le train, lui, n'attendrait pas!

Pampelune est une ville très agréable à deux-roues, car il y a beaucoup d'axes cyclables. J'avais étudié auparavant la carte de Pampelune, afin de trouver les meilleurs axes pout quitter la ville. Et je trouve un axe cyclable, longeant le Rio Arga, la belle petite rivière dans Pampelune.
C'est ainsi qu'en 6km, nous nous éloignons de Pampelune par rues et chemins très pittoresques, avec de très nombreux joggers.

Puis nous récupérons la rocade de Pampelune. Une route large, sans grande circulation en ce dimanche matin, direction plein nord. À ce moment, nous avons un peu d'appréhension : les Pyrénées droit devant nous sont surtout masquées par un nuage qui nous fait craindre du brouillard. Brouillard que nous n'aurons pas.

Après 2km de rocade, nous prenons la direction de Zubiri et de Roncevaux. Une belle route large, parfois au revêtement un peu râpeux, et en léger faux plat montant. Mais en ce dimanche matin, que de cycles! Sur cette route, sur les 15km jusqu'à Zubiri, je crois avoir vu plus de cycles que de voitures! Preuve que les espagnols adorent ce sport.

Ce faux plat montant est un peu usant, surtout car il est long, et qu'il s'accompagne d'un petit vent de face descendant des montagnes. Et aussi, car nous savons que le plus dur reste devant nous.

À la sortie de Zubiri, on tourne à gauche, direction Eugi, et la vallée des Aldudes. Zubiri est le pied de la montée du col d'Urquiaga, bien que sur les premiers kilomètres, c'est une montée en dents de scie, entrecoupée de nombreuses petites descentes.
Cette route est quasi déserte, assez large, et offre des beaux paysages plutôt arides, de moyenne montagne.

Après 5km de cette belle route, on atteint un barrage, le barrage d'Eugi. La montée au niveau du lac est assez sèche, mais dans cette partie plus raide, il faut se dire qu'ensuite, il y a un replat de plusieurs kilomètres! La route contourne le lac par l'Est, et traverse le pittoresque village d'Eugi. Puis, après une petite descente, on arrive à une grande carrière.
Et c'est là le début  de la montée finale du col d'Urquiaga. Une montée tout en douceur, à 3 ou 4%, ur 10km. La montée n'est donc pas difficile, elle est juste longue. Elle s'effectue en forêt et dans une vallée très encaissée, en remontant le Rio Arga. La route est assez étroite, sans beaucoup de points de repère, et est plutôt régulière.

Le dernier kilomètre, toujours en forêt, est un peu plus raide, sans avoir pour autant des points de repère. Et c'est avec une certaine satisfaction que nous arrivons au col d'Urkiaga, à 910m d'altitude.

Cette montée est donc longue, mais pas difficile. Pour les cyclotouristes qui voyageraient avec des bagages de l'Espagne à la Farnce, c'est assurément un col à conseiller, car un des plus aisés des Pyrénées du fait des faibles pentes.

On s'y arrête quelques minutes, le temps de se couvrir assez chaudement, et on se pare pour la descente! Et même si nous avons effectué 39km seulement, nous savons que le plus dur est fait ! Dorénavant, jusqu'à Bayonne située à 85km, ça sera un parcours essentiellement descendant.


Une descente... splendide, magnifique ! Entre le col et la frontière française, il y a 6km, de toute beauté! La pente est forte, et il convient donc de faire attention, mais la route, à flanc de montagne est certainement une de plus belles du Pays Basque! Le tout, en ce mois de février, sans voir un seul autre véhicule que nous. Il paraît que les choses sont bien différentes l'été venu...

Avant la frontière, la route remonte un peu, toujours à flanc de montagne. Puis on passe la frontière, en descente. La route est toujours aussi belle, et on descend tout schuss la vallée des Aldudes, jusqu'au village des Aldudes, puis Banca.

Dès lors, la route s'élargit. Plus on descend, moins la pente est prononcée, et les paysages sont toujours aussi beaux. Seule ombre au tableau, un vent de face, de nord/nord-est, plutôt froid.

Après Saint-Etienne-de-Baïgorry, on prend la route de Saint-Martin-d'Arrossa. La route est de belle qualité, et généralement en faux plat descendant.


On se restaure rapidement à St-Martin, non sans une pause méritée d'une petite demi-heure. Puis, parce que Fx et François ont toujours un train à prendre et que nous ne sommes pas à l'abri d'un pépin technique, on reprend la route de Bayonne, par la D918. C'est la route St-Jean-Pied-de-Port - Bayonne, une route où ça roule assez vite, avec beaucoup de véhicules. Une route que nous avons emprunté sur 25km. C'est une route avec un bel asphalte, faite essentiellement de faux plats montants et descendants, tout du moins sur les 10 premiers kilomètres, avec toujours ce petit vent de face frais. On passe Bidarray, dans cette sympathique vallée de la Nive qui continue à nous proposer de beaux paysages, typiquement basques. Puis on passe Louhossoa, la dernière véritable côte de ces 3 jours de vélo.

On continue cette route, généralement en descente après Louhossoa, jusqu'à l'entrée d'Ustaritz. On traverse ce village, et dès lors, on récupère une route cyclable le long de la Nive, qui est un véritable plaisir! Après près de 240km en 2 jours, un véritable bonheur ! :) Malgré un vent frais, on savoure ces derniers kilomètres, avec le sourire, très tranquilles, avec la satisfaction d'un biketrip réussi, par une météo globalement très favorable, et un parcours particulièrement sportif!

Cette route cyclable de 14km nous amène directement dans le centre de Bayonne en longeant tout simplement la Nive, sans intersection. Bayonne, terminus du biketrip.


Pour Fx, pour qui c'était le premier voyage de plusieurs jours en autonomie en vélo, c'est un aboutissement. Avec deux étapes au relief délicat et cette distance de 2x125km loin d'être évident, pour une première expérience, il ne peut en être que plus fier de l'avoir réussi !
Pour François et moi, plus rodés à la montagne malgré des niveaux très différents, c'est aussi une véritable satisfaction que de revoir Bayonne ! François battant là son record de distance sur une journée (125km) et sur 3 jours (287km).


Au retour à Bayonne, vers 18h, nous n'avions qu'une idée : à quand le prochain voyage?




Pampelune, la place du Castillo

Une rue de Pampelune, vers la Cathédrale Santa Maria

 Les arènes de Pampelune

Pampelune, une ville très agréable en vélo, avec ses nombreuses routes cyclables


À la sortie de Pampelune, un ciel bas et menaçant. Avec, au choix, deux routes qui mènent en France!

La route, 10km après Pampelune, le long du Rio Arga 


 Juste avant le barrage d'Eugi

Le village d'Eugi, et son lac 


Dans la forêt, la route pittoresque qui mène au col d'Urkiaga, le long du Rio Arga


Au col d'Urquiaga, 910m. Nous sommes en février, il ne fait pas chaud! 


La route, à flanc de montagne, dans la vallée des Aldudes 


La vallée des Aldudes 


 Le hameau d'Esnazu, en amont des Aldudes

Le paysage, vers St-Etienne-de-Baigorry

Le paysage, vers Bidarray 


La route cyclable dans la vallée de la Nive, parfaite, toute plate, entre Ustaritz et Bayonne.


François 


 François-Xavier
Arrivée à Bayonne 

 Retour à Bayonne centre!
Reflets des rives de la Nive, à Bayonne


samedi 18 février 2017

Bayonne Pampelune Bayonne : 1e étape

1e étape : Bayonne - Pampelune, 125km

Résumé de la veille (ascension du Jaizkibel)

Ce samedi matin, c'est donc la première des deux étapes du biketrip basque.
Ce samedi, la journée commence par aller chercher François-Xavier (Fx) à la gare, assez tôt le matin. Puis, de retour à l'hôtel, on se prend un bon petit déjeuner, on vérifie une dernière fois l'attelage de nos 3 vélos, on essaie de se délester le + possible des choses inutiles, et, vers 10h30, on part.

J'ai un peu plus l'habitude que mes deux amis de ce genre d'étape, et je dois bien dire que je pars non pas inquiet, mais en sachant pertinemment que ce soir, les jambes seront lourdes : + de 2000m de dénivelé, avec bagages, ce n'est pas rien. De surcroît, mes deux amis n'ont qu'un sac à dos avec eux, et ont un vélo de course, léger. Quant à moi, je suis naturellement plus lourd qu'eux, et j'utilise mon vélo habituel, qualitativement un cran en-dessous, et doté d'un porte-bagage, ainsi que du matériel de secours et alimentaire.

Après une très rapide visite de Bayonne, on prend la direction de Saint-Jean-de-Luz, par la route principale. Le genre de route qui présente l'avantage d'être droite. Mais le gros désavantage d'avoir circulation dense, et d'être en grande partie en zones urbaines.

La route, dans un premier temps, ne présente aucun attrait : c'est une ville (Anglet), plutôt en faux plat montant ou montant, jusqu'à l'aéroport. Puis après, on arrive Biarritz. Ca monte, ça descend... c'est parfois prononcé sur des courtes distances: bref, c'est le Pays Basque! Lorsqu'on dit Biarritz, on pense souvent à sa plage, son rochet, sa Vierge... Pour nous, que nenni! Biarritz se résumera à un viaduc, et une montée.

De Biarritz à Bidart, toujours en montées/descentes plutôt prononcées, la route offre de superbes points de vue sur la côte et l'océan Atlantique. Nous continuons vers Guéthary, puis St-Jean-de-Luz. Jusqu'à St-Jean-de-Luz, la route reste assez pénible, bien qu'il y ait une mini bande cyclable sur la droite de la chaussée.
Saint-Jean-de-Luz est une superbe localité avec sa plage, son petit port, et le début de la Corniche Basque. On s'y attarde un peu, car l'endroit est beau et c'est la dernière fois que nous longeons la côte.

Puis nous reprenons la direction d'Urrugne, toujours par cette route nationale, un peu pénible. C'est généralement un faux plat montant. Puis à Urrugne, à un rond-point, on tourne à gauche. Quelques hectomètres, et c'est le pied de la première difficulté de la journée: le col d'Ibardin.
Toujours beaucoup de trafic. Mais la route se rétrécit, malgré une très belle qualité de route, ce n'est pas agréable. Le trafic automobile n'est, à cet endroit, guère étonnant : en effet, le col d'Ibardin, frontalier, est surtout connu pour être un lieu prisé par les touristes et les basques français, qui viennent s'approvisionner en produits moins taxés.

Au pied de la montée, François (le + sportif de nous 3), retarde son départ au pied du col, afin de nous rattraper. Quand à Fx et moi, on monte tranquillement, à notre rythme. La montée est plutôt régulière, et offre de beaux paysages. Parfois sur la Rhune (la montagne sacrée des basques), parfois sur la côte située à une dizaine de kilomètres, ou sur le col d'Ibardin. En réalité, du fait du poids et de la pente vers 6-7%, je dis à Fx (le moins expérimenté de nous 3) d'aller à sa vitesse sans se mettre dans le rouge, car il n'y a rien de plus pénible dans un col de plusieurs centaines de mètres de dénivelé, que de rouler en sous-régime. Nous montons donc nous trois à notre rythme, distants de plusieurs dizaines ou centaines de mètres.
Après quelques dizaines de minutes d'effort, on atteint ce sympathique col d'Ibardin, à 315m (6% durant 4km).
Au col d'Ibardin, on décide de s'y restaurer: et en ces lieux nous n'avons que l'embarras du choix: il y a plus d'une dizaine de points de restauration possible ! Mais avant cela, on finit la côte : 315m de dénivelé c'est bien, mais la route va jusqu'à 400m d'altitude, au travers de la petite zone commerciale. En haut, la vue est magnifique, sur la côte vers St-Jean-de-Luz. De surcroît, nous ne sommes qu'à mi-février, mais une très agréable sensation de chaleur envahit en ce jour le Pays Basque: nous ne nous en plaindrons pas !

On est environ au tiers du parcours de l'étape, et on s'arrête déjeuner, Un peu trop longtemps, selon moi... mais les patronnes étant très sympathiques, on reste causer sans trop nous soucier. Arrivés à 13h, on repart à 15h. Avec encore 85km à faire jusqu'à la capitale de Navarre... inutile de dire qu'il devient évident que nous roulerons un peu de nuit... sans que cela ne nous enthousiasme franchement.

Bref, nous repartons.
6km de descente jusqu'à Bera : génial ! Une descente technique, dans la forêt, sur route assez large et avec peu d'automobilistes... Cette descente est très agréable !

Puis, une fois rejoint la vallée de la Bidassoa, nous tournons à gauche, pour remonter ce petit fleuve sur plusieurs dizaines de kilomètres. Je pensais que nous aurions une gentille route en faux plat montant la plupart du temps. Erreur! La route est en réalité large, rendant asse mal, mais surtout faite de montées et descentes jamais longues mais parfois très prononcées !
Dans cette vallée de la Bidasoa, la route principale est, la plupart du temps, interdite aux cycles, qui doivent prendre l'ancienne route. C'est très bien indiqué, on ne peut pas se tromper. Cette ancienne route est peu entretenue, au trafic local quasi nul, et très tranquille. Tantôt avec le bruit de la Bidasoa, tantôt avec le bruit du trafic poids lourds routier. Par trois fois, il n'y a pas d'autre alternative que de prendre la route nationale sur quelques hectomètres. Limitée à 100km/h, c'est peu dire qu'il s'agit d'une route anxiogène pour les cycles, tout particulièrement un tunnel de 500m, inévitable.

Après 25km, nous arrivons à Oroñoz-Mugairi. Pied de la grande difficulté du jour : le col de Belate.
Il est déjà 16h30, et nous ne tardons pas : avant Pampelune, il nous reste ce col situé à 16km. Le pied, sur 3km, est un faux plat montant à 2,5% de moyenne, toujours sur cette même route. Puis, arrive une des parties pénibles : on récupère la route nationale, sur une parties démoralisantes en ligne droite, vers 9%. Sur cette route, il y a bien une voie pour véhicules lents... mais un camion qui double sur cette voie, il est obligé de le faire en nous rasant.

Après 1km un peu anxiogène, on quitte cette route, vers Berroeta. Obligés, mais surtout rassurés. Et alors que François est resté quelques temps au pied de la côte pour mieux nous rattraper, Fx et moi continuons à monter à notre rythme, à peu près semblable. Je rappelle régulièrement à Fx d'aller à son rythme, de ne pas m'attendre s'il se sont pousser des ailes, autant que je ne l'attendrai pas pour rester concentré à mon rythme. La pente est moins forte qu'auparavant, vers 5%, à l'exception d'un kilomètre à 8%. Le trafic est très limité, ce qui rend la côte assez agréable, même si la route est parfois un bitume un peu ancien, un peu râpeux.

Par la suite, la route rentre dans la foret, autant que la nuit tombe, lentement. François nous double: le contraire nous aurait inquiété... Quant à moi, appréciant plutôt ce genre de pente régulière et longue, je suis assez naturellement plus à l'aise que Fx, qui peine : une telle montée après 80km dans les jambes, ce n'était pas un cadeau ! Surtout quand, comme pour Fx, une journée de 125km de vélo constitue une grande première.
Nous continuons à monter, chacun à notre rythme. À 1km du sommet, en plus de la nuit, nous rencontrons du brouillard... les conditions de route sont très dégradées. Il fait environ 5 degrés.

Nous arrivons au col de Belate, à 850m. Quelques photos, quelques épaisseurs rajoutées en prévisions de la descente, un peu d'appréhension à devoir la faire dans ce brouillard où l'on ne voit pas à 30m, et on s'y engage ! Une descente forcément les doigts sur les freins, sans dépasser les 30kmh. Nous sommes visibles et dotés d'un bon éclairage lumineux, mais un éclairage vélo, même parfaitement, est rarement adapté à des vitesses supérieures à 25kmh...

Nous récupérons, toujours en descente, la fameuse route nationale, avant de tourner à droite, pour finir par 30km de routes locales. Des routes majoritairement en faux plat descendant. Toutefois, il y a dans cette zone deux belles petites côtes. La première est la côte de Guelbenzu : environ 1km à 8%. Ce n'est pas qu'elle est foncièrement difficile, mais après 100km et un telle pente, elle fait plutôt mal ! Je stagne à 5kmh.
Une petite descente, puis un gros faux plat montant de 5km. Mais nous le savons: la délivrance est en haut de cette côte, sur les hauteurs d'Amalain!

À quelques hectomètres du sommet, Fx rencontre un problème de lumière : sa lumière halogène avant ne fonctionne pas. Par chance, je connais le problème et le diagnostic est rapide : il faut changer les piles!  Et c'est, à ce moment précis, que François et Fx comprennent pourquoi il peut être préférable de pouvoir s'alourdir de plusieurs hectogrammes supplémentaires à prendre du matériel de secours qui, probablement ne sera pas utile... sauf que si cela devient utile, telle que des piles électriques, on est bien content d'avoir emporté avec soi ce matériel. En l'occurrence, pour un biketrip estival je me serais peut-être passé de piles, mais l'hiver, la probabilité de rouler de nuit est nécessairement plus forte. Et donc la probabilité d'user les piles aussi.
On fait le changement, et nous repartons. Et sans lumière avant, il aurait était impossible que Fx s'engage dans une descente telle que cette dernière qui nous attendait.
Bref, nous repartons dans ce faux plat descendant fort bienvenu, et assez rapidement on atteint la banlieue de Pampelune. Il est déjà 21h.

Par chance, nous passons devant un Décathlon, magasin qui, en Espagne, reste ouvert jusqu'à 22h. On se refait les stocks de nourriture en prévision du lendemain, avant d'aborder les derniers kilomètres. Des kilomètres quasi-intégralement effectués sur route cyclable. C'est un vrai plaisir que de rouler à vélo dans Pampelune.

Nous sommes franchement heureux d'arriver à destination, dans le centre-ville de Pampelune, après 125km très vallonés, vers 22h. Un très court repos, et on sort rapidement à 23h à la découverte de Pampelune : l'heure parfaite en Espagne pour dîner le soir :)

Demain sera une étape bien plus aisée: un seul col au programme.

 Le tracé de l'étape aller, en rose


Profil de l'étape, très vallonnée

Bayonne

Bidart

St-Jean-de-Luz 


À Ciboure, de gauche à droite : moi, François, Fx,

Epingle à cheveux dans le col d'Ibardin 


Au col d'Ibardin ! En tenue estivale, bien que nous n'étions qu'à mi-février


 Paysage vers St-Jean-de-Luz, depuis le col d'Ibardin


L'ancienne route  entre Bera et Pampelune, le long de la Bidassoa. Une route empruntée par portions sur plus de 50km


Typiquement basque!

En haut du col de Belate: nuit et brouillard

Dans une descente: conditions périlleuses. 

Arrivée à Pampelune!


Arrivée à Pampelune, enfin !

Plus de photos

vendredi 17 février 2017

Jaizkibel Bayonne Pampelune Bayonne : préambule

Vendredi 18 février 2017.
Je suis avec un ami descendu de Paris dans le Sud-Ouest spécialement pour l'occasion, François, et demain un autre parisien (François-Xavier, alias Fx) nous rejoindra. Nous avons prévu de longue date un week-end sportif : Bayonne - Pampelune aller-retour, 125km x2. Et, pour diverses raisons, en prenant un risque au niveau météo, nous avons ciblé ces dates.
Je parle d'un risque au niveau météo, car entre Bayonne et Pampelune, il y a un massif montagneux à 900m, que nous devions prendre deux fois. Inutile de dire qu'à mi-février, il n'est pas rare que la neige tombe à cette altitude. Si tel avait été le cas, nous aurions changé la destination, en privilégiant Saint-Sebastian ou Bilbao. Mais dame météo, pour ce week-end, nous aura été globalement très favorable!

Préambule: Hendaye - Jaizkibel - Hendaye, 39km


Ce vendredi 18 février, nous sommes donc deux. En guise d'échauffement, avec François, nous réfléchissons à faire un petit col basque, idéalement un col connu, qui ne nous cramerait pas trop nos forces, et non loin de Bayonne. Assez rapidement, notre regard nous porte vers l'alto de Jaizkibel, en Espagne, connu également pour être le fréquent juge de paix de la Clasica San Sebastian.


Il n'est pas tôt en ce vendredi, et nous partons de la plage de Hendaye à 16h30, à l'extrémité Sud-Ouest de notre Hexagone. En direction d'Irun en Espagne, puis Fontarrabie, avant de nous arrêter au Cap Higuer, une très beau cap orienté nord à l'extrême Est de la côte basque espagnole.

Il fait plutôt chaud pour la saison, les 20 degrés sont dépassés au soleil, et on s'arrête prendre un verre au Cap Higuer. Puis, après 4km de toutes petites routes et même une portion non asphaltée d'environ 500m, on rejoint la vraie route du Jaizkibel, à 2km en aval de Nuestra Santa de Guadalupe.

La nuit est proche, mais nous nous engageons quand même à gravir. La 1e partie jusqu'à la très élégante église de Guadalupe, est presque décevante, tellement elle est facile. Puis survient une descente, courte. Avant un petit mur à 9-10% sur 1km, et un final vers 7-8% sur 2km.
La route est plutôt large, les paysages sont splendides. À proprement parler, la route ne longe pas la côte, mais elle offre quasi-continuellement des vues splendides, le plus souvent en nous retournant, sur la baie de Chingoudy, qui sépare la France de l'Espagne à l'embouchure de la Bidasoa.
De surcroît, l'heure avancée nous offre un splendide coucher de soleil au-dessus de l'Atlantique. Enfin, pour être plus précis, c'est surtout François qui a surtout du coucher de soleil ! Entre François et moi près de 30kg nous séparent, et sa légèreté le fait gravir bien plus rapidement que moi... Et je rate le dernier rayon de soleil pour 30 secondes de retard !

Nous y restons 5-10 minutes, nous nous équipons en mode 'nuit' (couleurs flashies et dispositifs lumineux sur vélos) car la lumière commence à baisser sérieusement, et nous redescendons ce Jaizkibel du même côté que nous l'avons gravi. Nous revenons à Fontarrabie, il fait quasiment nuit noire. Cette descente, impressionnante, ne sera rien comparée à celle de demain... mais nous ne traînons pas, et nous repassons par la rocade d'Irun, avant de revenir en France, par la même route qu'à l'aller, globalement plate et en zone urbaine et périurbaine. Nous revenons à la voiture autour de 19h30, après avoir fait 39km.

Le soir, nous retournons en voiture sur Bayonne, où se trouve notre hôtel. Cette mini-étape fut très belle, agréable, et ne nous aura pas trop fait pêcher dans nos réserves. Mais demain sera un autre jour, une vraie petite étape de montagne avec le col d'Ibardin et le col de Belate. Une redoutable journée que j'appréhende un peu.

Suite : 1e étape : Bayonne - Pampelune

Départ de la plage de Hendaye, à l'extrémité Sud-Ouest de la France

Le phare du Cap Higuer, en Espagne

La route, un raccourci indiqué par google maps, n'est plus asphaltée, sur environ 500m ! 

François (en jaune) et moi, en haut du Jaizkibel, à 455m ! 


La nuit tombe, sur la splendide côte basque 


En redescendant, vue sur la baie de Chingondy, avec Fontarrabie au 1er plan, Hendaye au 2nd plan, et tout au fond, la montagne de la Rhune.


Plus de photos

dimanche 29 janvier 2017

Boucle autour d'Oloron-Sainte-Marie


29 janvier 2017. Nous sommes en janvier, mais les conditions météo se prêtent pour une balade vélo en montagne, la première de l'année.

Comme toujours, lorsqu'on fait du vélo en montagne en plein hiver, il faut s'assurer de plusieurs choses... D'abord, la viabilité des routes : elles se doivent d'être intégralement déneigées. Pour cela, il y a moyen de s'informer facilement sur Internet, par les sites inforoutes des différents départements. Ensuite, la météo : s'assurer impérativement de conditions ensoleillées, et de températures positives. Ceci afin de minimiser le risque de gel ou de verglas. Enfin, autant que possible, éviter de prendre un itinéraire menant à des stations de ski : le trafic routier quand on grimpe, c'est pénible. Eté comme hiver.

Il a neigé assez bas cette semaine, et les routes au-dessus de 1400m sont encore peu praticables. Je dois donc rester à des altitudes basses.

Alors, après étude de la carte, je recherche des cols que je n'ai pas encore gravi, j'opte pour une boucle de 80km dans le Haut Béarn, au départ d'Oloron-Sainte-Marie, par les cols d'Ichère, puis du difficile Marie-Blanque.



Je pars donc en fin de matinée, depuis le centre d'Oloron, en prenant la direction du sud, c'est-à-dire de l'Espagne et de la vallée d'Aspe.
Une fois sorti de la ville, la route est plutôt large et belle, et en ce dimanche midi, il n'y a pas trop de circulation. C'est agréable! Juste un léger vent frais latéral gâche un peu le plaisir.

La route, remontant le gave d'Aspe, est généralement en léger faux plat montant entrecoupé de quelques courtes descentes, et l'asphalte est de bonne qualité. Après Lurbe-St-Christau, je tourne à droite, direction Issor, par la vallée encaissée du Lourdios. Le paysage est assez beau, la pente légèrement plus faible. Puis, quelques kilomètres après, je tourne à gauche, direction Lourdios-Ichère. La route est plus étroite, mais la vallée est très belle! Et que dire du petit village Lourdios-Ichère juste après?
La véritable montée du col d'Ichère commence dans le village de Lourdios-Ichère. C'est une montée en faux-plat montant donc il est difficile de déterminer le point précis du début de la montée, mais l'intersection en bas du village avec la route du col de Labays peut être considéré comme un point de départ.

Le col en lui-même n'est pas si difficile: il s'agit de 4,5km à envion 6%. Il y a quelques courtes parties raides, mais globalement, c'est un 3e catégorie assez classique. La circulation est assez faible, et le revêtement est normal, la route est assez étroite. Et les paysages sont très beaux!

Une fois arrivé au col à 670m, sans vraiment avoir forcé dans ce sympathique col, je redescends tout schuss vers la vallée d'Aspe. Une descente qui offre une nouvelle fois de beaux paysages, notamment sur ladite vallée. Cette descente est étroite, et présente quelques virages assez dangereux. C'est surtout le dernier kilomètre qui est particulièrement dangereux : une zone en gravillons ou au bitume défoncé, en travaux, qui empêchait de dépasser les 20kmh. Puis, tout en bas, l'intersection et la route a été refaite récemment, afin de construire une voie ferrée. Et on arrive dans une épingle à cheveux très serrée à gauche, avec une forte pente. J'invite vraiment les cyclistes à faire attention à ce virage traitre.
Une fois arrivé dans la vallée d'Aspe, je reprends la N134, dans le sens descente. Une route large de bonne qualité, en faux plat descendant bienvenu, que je prends sur 4km. Avant de tourner à droite, direction Escot.

Puis, à Escot quelques hectomètres après, je retourne à droite, direction le terrible col de Marie-Blanque.
Ce col, j'en avais beaucoup entendu parler : un petit col pas très haut (1050m), mais qui présente 4 kilomètres parmi les plus redoutables de la chaîne pyrénéenne!

Il faut bien le dire, le pied du col est plutôt sympathique : c'est un col de fond de vallée, qui remonte une rivière, dans un cadre bucolique. À 1 ou 2%, on sait que l'enfer est devant, et cela fait une agréable mise en bouche.

Le col a une pente qui va crescendo jusqu'au km5. Puis, à 4km du sommet. Un message sur la route "ici l'enfer commence", et le changement est assez brusque. Et c'est vrai qu'il s'agit d'un enfer sur terre : 4km à + de 10%, sans aucune récupération possible! Dans les Pyrénées, pour un col de liaison tel que le Marie-Blanque, je connais assez peu de difficultés analogues.

Sans véritable point de repère possible si ce n'est les bornes kilométriques, la route passe dans la forêt, et la neige commence à faire son apparition sur les bas côtés. Et c'est dur, et bien plus dur que je ne l'aurais pensé! Qui plus est, passé 800m, dans cette forêt, la température chute à 3 ou 4 degrés seulement. Je ne crains pas le verglas bien que la route soit humide, mais il ne fait pas chaud, ce qui rajoute à la difficulté...

Dans cette partie qui me semble interminable, j'atteins difficilement les 4 km/h. La partie la plus difficile, c'est vers 1,5km du sommet.

Bref, c'est un col à ne vraiment pas sous-estimer, classé 1e catégorie au Tour de France. Mais il pourrait être hors-catégorie, tellement il est difficile! Les 3 derniers kilomètres, dans un paysage enneigé, sont magnifiques.

Au sommet, j'arrive totalement lessivé. Il fait vraiment froid, alors je ne reste pas longtemps, et je m'engage dans la descente, côté Louvie-Juzon.

Je suis glacé dans la descente... il fait alors 0° à 900m, et je dois bien dire que je suis très très vigilant dans la descente avec le risque réel de regel et de verglas.
Descente qui se fait en trois temps.
- La première partie est en faux plat descendant, dans la forêt. La partie glaciale.
- Puis on arrive à un magnifique plateau, le plateau de Benou, qui est globalement plat sur 2km.
- Avant la véritable descente, celle qui nous ramène dans la vallée d'Ossau. Une descente qui offre, elle aussi, de très beaux paysages! Forcément, en descendant, je récupère une température plus élevée, de l'ordre de 10 degrés.

Une fois en bas de la descente, à Louvie-Juzon, je tourne à gauche à un rond-point, puis, pour les 20 derniers kilomètres, un petit bonheur pour conclure la boucle. Une route plutôt large sans trafic, en faux plat descendant, et avec petit vent de dos appréciable... bref, des conditions très agréables pour tourner les jambes, après cette montée affreuse du Marie-Blanque !


En conclusion, ce fut une sortie très sportive pour une première sortie montagne en janvier, mais une sortie très agréable! Avec un col d'Ichère bien sympathique, et un col de Marie-Blanque qui vraiment, ne doit pas être sous-estimé. Et des paysages très beaux tout au long de la boucle, bien qu'un peu + austères dans la montée du Marie-Blanque.



 Paysage de la vallée d'Aspe, à la sortie d'Oloron

 Lurbe-St-Christau 

La vallée de Lourdios, entre Issor et Lourdios-Ichère. Très agréable!

La petite localité de Lourdios-Ichère

La vue au col d'Ichère, à 670m

 Au col d'Ichère, 670m

Dans la descente du col d'Ichère : une route à gravillons, un peu dangereuse

Le bas de la descente du col d'Ichère, avec la nouvelle voie ferrée



Dans le col de Marie-Blanque, à 3,9km du somet. 
La route précise : "ici commence l'enfer". Et c'est vrai!


Le paysage devient vraiment beau, à 2km du sommet. Mais que c'est raide... sans répit! 



À 500m du col de Marie-Blanque 


Au col de Marie-Blanque, 1070m. Il ne fait pas chaud! 

 Le plateau de Bénou


Le plateau de Benou



 Paysage dans la vallée d'Ossau, vers Louvie-Juzon


Le retour, à Oloron-Ste-Marie